Confinement : pour les services publics et la solidarité

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Ce lundi 16 mars, le président Macron a annoncé mettre en œuvre le confinement sur tout le territoire français. Les déplacements devront être réduits mais restent permis pour les salarié-e-s qui ne peuvent basculer en télétravail. Si cette disposition reste en l’état il s’agirait d’une mesure de classe qui exposerait des centaines de milliers de salarié-e-s et toutes celles et ceux avec qui ils et elles seront en contact. Dans une telle période, ce sont les fonctions essentielles qui doivent être maintenues, en garantissant des mesures de protections pour ces travailleurs et travailleuses.

Si des mesures permettant d’enrayer la pandémie sont nécessaires, elles doivent se prendre dans le respect de la démocratie. Des lois seront prises en urgence, donnant le droit au gouvernement de légiférer par ordonnance. La crise sanitaire ne doit pas induire la suspension de l’état de droit. La rhétorique guerrière du président ainsi que l’appel à l’Union nationale n’est pas à ce titre pour nous rassurer. Nous serons vigilant-e-s quant au respect des libertés publiques et des droits fondamentaux. Nous serons également vigilant-e-s quant aux restrictions concernant les droits et garanties des fonctionnaires. Par ailleurs, partout en solidarité, des enseignant-e-s se sont par exemple porté-e-s volontaires pour assurer l’accueil des enfants des soignant-e-s.

Le président a annoncé que les projets de loi seraient suspendus et notamment sur la réforme des retraites. Il a fallu une crise sanitaire pour suspendre une réforme massivement contestée depuis plusieurs mois par la population, ce qui est le minimum dans la période. Une fois la crise sanitaire surmontée, il nous restera à poursuivre notre combat contre la politique de casse sociale et pour imposer des choix de sociétés plus justes et plus sûrs pour l’avenir.

Dans l’éducation, aucune nouvelle annonce n’est venue modifier ce que nous savions déjà : fermeture des écoles, collèges, lycées et universités jusqu’à nouvel ordre, et service d’accueil pour les enfants de personnels indispensables au système de santé. Nous dénonçons toujours les conditions anxiogènes dans lesquelles cette mesure a été mise en place durant les derniers jours. Nous revendiquons toujours qu’aucun personnel n’ait à se rendre sur son lieu de de travail pour rien, et demandons que des conditions sanitaires préservant la santé des personnels soit mises en place pour celles et ceux qui choisiront de prendre en charge les enfants des soignant-e-s. En ce qui concerne l’enseignement à distance et le télétravail, les personnels ont pu constater ce jour le fait que rien n’était prêt. Au-delà, pour SUD éducation, l’urgence n’est pas à la mise en œuvre précipitée et hasardeuse du télétravail, mais à la préservation de la santé des personnels et plus largement de la population.

Le président fait mine de découvrir l’importance du service public, de santé en particulier, dans l’effort d’endiguement de l’épidémie. C’est un scandaleux jeu de dupe pour un homme qui a consacré sa carrière notamment politique au démantèlement de ces mêmes services publics au profit des capitalistes. Les 300 milliards mis sur la table pour sauver les entreprises montrent que de l’argent, il y en a, et il aurait dû servir aux services publics, notamment de santé, bien plus tôt.

S’il faut “tirer toutes les conséquences” de cette période, comme le dit Macron, voici les nôtres. La crise épidémique montre les limites du système capitaliste, de la mondialisation, ainsi que les échanges de marchandises. Il montre la faillite d’un système vorace dévorant les services publics, l’écosystème et les solidarités.

Fermeture des écoles, collèges, lycées, et universités : SUD éducation agit pour les droits et la santé des personnels et des élèves

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Ce jeudi 12 mars, Emmanuel Macron a prononcé un discours dans lequel il a annoncé la fermeture à compter de lundi des écoles, collèges, lycées, et universités.

Une fois de plus le ministre Blanquer qui déclarait dans les médias encore ce matin qu’une fermeture générale des établissements était à exclure est désavoué. 

Pour SUD éducation, l’enjeu est aujourd’hui pour les personnels de garantir le risque minimum, dans le cadre du respect de leurs droits. À ce titre, l’égalité de traitement des personnels doit être garantie sur tout le territoire. Or, la sollicitation des personnels à venir participer à des réunions au sein des écoles et établissements est à géométrie variable dans les départements où cette fermeture est déjà mis en œuvre : elle n’apporte rien en terme d’accueil des élèves, mais expose une partie des personnels à des risques auxquels la décision de fermeture entend pourtant les faire échapper. 

Surtout, SUD éducation refuse catégoriquement que le télétravail puisse être imposé à la va-vite et en dehors de tout cadre réglementaire. De nombreux personnels seront amenés à s’occuper de leurs propres enfants : la lourdeur de la prise en compte des situations individuelles par l’administration risque d’être incompatible avec le respect de leurs obligations familiales. Surtout, il est inacceptable que le virus soit un effet d’aubaine pour le ministre qui entend, dans son projet d’école, œuvrer toujours plus à la dématérialisation des enseignements et à l’opportunité que cela représenterait en termes de suppressions de postes. Le virus ne saurait être le cheval de Troie de l’enseignement à distance. SUD éducation rappelle à ce titre, de la même manière qu’elle l’a fait au ministère vendredi 6 mars, que le télétravail n’est aucunement obligatoire sur le plan réglementaire, et encourage les personnels qui le souhaitent à ne pas accepter des consignes qui iraient dans ce sens. 

Ce soir dans son discours, le président Macron a semblé tomber des nues et découvrir que le système de santé, et plus généralement, les services publics, doivent échapper au marché pour protéger au mieux la population. Il s’agit évidemment d’une posture, tenue par un homme dont la véritable politique s’est inscrite dans la droite ligne de tous ses prédécesseurs : démantèlement des services publics, du système de protection sociale, privatisations au profit des capitalistes. Son discours ne trompe personne : la crise économique et sanitaire qui s’annonce comptera évidemment ses victimes dans les classes populaires. Les services publics et la protection sociale constituent le meilleur rempart, et ce gouvernement comme les précédents ont entrepris sans relâche de les détruire. Le silence d’Emmanuel Macron sur la contre-réforme des retraites qui aurait pour conséquence si elle était mise en œuvre de plonger dans la pauvreté des millions de personnes est à cet égard éloquent. Le modèle du capitalisme mondialisé montre ici crûment ses limites. Il est urgent de mettre un terme au productivisme effréné ainsi qu’à ses corollaires, la circulation toujours plus intense et incontrôlée des marchandises et les crises écologiques. 

Enfin, SUD éducation sera vigilant à ce que la pandémie en cours ne serve pas de prétexte à la mise en cause des libertés publiques. À cet égard, il n’est pas acceptable que les limites imposées à l’expression démocratique du mouvement social n’aient pas leur pendant du côté de l’Assemblée nationale et du Sénat : le débat parlementaire sur le projet de réforme des retraites doit être évidemment immédiatement suspendu. C’est ce qu’exige SUD éducation, avec son Union syndicale Solidaires et l’intersyndicale interprofessionnelle CGT-FO-FSU-Solidaires-UNL-MNL-FIDL-UNEF, qui revendiquent toujours le retrait pur et simple du projet de loi.

SUD éducation dénonce la criminalisation des lycén-ne-s mobilisé-e-s contre les E3C

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SUD éducation est scandalisée par l’arrestation de 4 lycéens qui ont passé la nuit dans un commissariat. Leur place n’est pas dans une cellule mais chez eux. Ces derniers ont passé la nuit sans avoir aucune information et sans connaître le motif de cette garde à vue abusive. La répression se poursuit et s’intensifie à l’égard des lycéen-ne-s mobilisé-e-s contre les E3C. Après de multiples séances de gazages un peu partout en France, la répression est montée d’un cran avec la garde à vue de 4 lycéens parisiens.

Les lycén-ne-s mobilisé-e-s depuis plus d’un an ne sont pas entendu-e-s et subissent une répression inédite et d’une violence inouïe.

Après l’arrestation de 151 jeunes menotté-e-s, maintenu-e-s à genoux plusieurs heures puis emmené-e-s en garde à vue pour le simple fait de se trouver aux abords d’un lycée mobilisé en décembre 2018 à Mantes-la -Jolie, après la violente répression de décembre 2018 avec un élève qui s’est retrouvé la joue déchiquetée suite à un tir de flash ball, la répression reprend et s’intensifie depuis janvier 2020 sur les lycéen-ne-s.

Le gouvernement exprime sa volonté de faire taire les lycéen-ne-s en les emprisonnant et en les criminalisant.

Le gouvernement ne se contente pas d’afficher son mépris de tous les personnels, il semble déterminé à broyer la jeunesse et à lui interdire toute forme de contestation. Cette répression intolérable est le signe d’une évolution délétère du système éducatif et du maintien de l’ordre à l’égard de la jeunesse.

Les lycéen-ne-s comme les enseignant-e-s ne veulent toujours pas de cette réforme du bac ni des E3C.

De nombreuses organisations syndicales et collectifs exigent l’abandon définitif des épreuves communes de contrôle continu (EC3) du deuxième trimestre en classe de première et revendiquent le retour à un examen national fondé sur des épreuves disciplinaires, ponctuelles et terminales.

Dans de nombreux établissements, les personnels, mais aussi des élèves et des parents d’élèves se mobilisent avec succès contre la tenue des épreuves. Le ministre refuse toujours d’entendre leur colère légitime et minimise les annulations ou reports des épreuves. Ce n’est pas à coup de gaz lacrymogène, de coup de matraques et de garde à vue que les personnels et les lycéen-ne-s vont plier.

Le bac blanquer E3C c’est :

• des sujets corrigés accessibles sur Internet avant les épreuves de certain-e-s lycéen-ne-s ;
• des retraité-e-s qui n’ont pas les compétences surveillant les épreuves (l’un s’est même blessé) et à qu’on contraint à travailler encore ;
• des élèves qui repassent sur le même sujet quand l’épreuve est reportée ;
• des élèves qui reçoivent des zéros pour ne pas avoir forcé un barrage ou pour avoir participé à un blocage ;
• des élèves qui passeront en conseils de disciplines ou subissent un dépôt de plainte de la part d’une proviseure pour avoir appelé au boycott des E3C
• la séquestration de lycén-ne-s à Bordeaux ;
• des lycéen-ne-s frappé-e-s, gazé-e-s devant leur lycée ;
• Des alarmes incendie désarmées dans de nombreux établissements ;
• des élèves blessé-e-s.

Cette rupture d’égalité et ces violences partout doivent impérativement cesser !

SUD éducation rappelle que la France a signé la convention internationale des droits de l’enfant et qu’elle ne respecte absolument pas cette convention. Le premier point de l’article 13 précise que « l’enfant a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen du choix de l’enfant. »

SUD éducation soutient la mobilisation des lycéen-ne-s contre les E3C et appelle l’ensemble des personnels à les soutenir.

SUD éducation réclame la libération immédiate et l’abandon des poursuites contre tous les personnels grévistes et les lycéen-ne-s.
• SUD éducation dénonce la répression et la violence policière dont sont victimes les lycéen-ne-s.
• SUD éducation dénonce la répression généralisée dont sont victimes les personnels de l’éducation en lutte comme les autres personnes en lutte contre la réforme des retraites.
• SUD éducation revendique l’abrogation des réformes du bac et l’annulation des E3C

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